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Comme me le faisait si justement remarquer Guy-Michel Cogné* préparant le rédactionnel pour mon prochain portfolio : "Stéphane, c'est étonnant tu ne fais nul par allusion aux colocataires ? ! ..."
Jeune campagnol agreste endormi.

A bien y regarder c'est vrai, sans doute un acte manqué. je parle assez peu des colocataires. Et pour cause, à mes yeux ils étaient un projet embryonnaire. L'idée était présente mais peu approfondie et la technique balbutiante, plus proche de l'impression, du sentiment que d'un travail abouti, une étape bien plus qu'une finalité. Présenter cette série à Montier en 2007 était pour moi la cause d'un grand trouble, j'avais le sentiment de ne pas être à ma place, de ne pas être prêt. De plus il s'agissait de ma deuxième exposition, il y avait des débuts plus sereins et discrets. Et pourtant j'allais, sans m'en rendre compte, participer à "la grande mode du blanc", être de ceux qui imposeront cette nouvelle norme en "studio nature". Et pourtant loin pour moi l'idée de faire du prosélytisme, bien au contraire. Et le fait que certains photographes nature s'engouffrent dans cette brèche m'agace plus que me flatte !
Je n'avais pas le sentiment de faire autre chose que Duchamp à cette époque (pas si lointaine) je me disais cet animal devient une oeuvre d'art parce que je le dis, par ma simple volonté... Avec à peine deux ans de recul je vois les choses très différemment -c'est en cela que je trouve encore aujourd'hui qu'il était trop tôt pour exposer en 2007- je suis plus dans la contemplation. Je construis une réalité mais c'est cette réalité qui est l'œuvre et non le fait que je le dise et moins encore que je le veuille. Elle existe en autonomie je n'en suis que le témoin...


*Directeur de rédaction du magazine Chasseur d'Images et Nat'Images.
Tag(s) : #Les expositions

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